Dans le cadre de l’année de l’Algérie

Du Jeudi 18 au lundi 22 septembre 2003

CINEMA ALGERIEN
6 courts métrages, 6 longs métrages

En présence des réalisateurs Jean-Pierre Lledo et Mohamed Bouamari
Projections suivies de débats, en partenariat avec Amnesty International

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Jeudi 18 septembre à 20h30

Soirée Jean-Pierre Lledo, en sa présence

Bateau perdu
1993. Durée : 26 min. Réalisateur : Jean-Pierre Lledo. Mention spéciale du jury au festival d’Auxerre 1995
Des enfants abandonnés devenus des adultes abandonnés : une image métaphorique de l’Algérie contemporaine.

LUMIERES

1989. Durée : 1h50. Réalisateur : Jean-Pierre Lledo, avec Mohamed Fellag, Mustapha Halo, Anne Turolla, Doujda, Yahia Benmabrouk, Faouzi SaÏchi.

Un cinéaste « officiel » spécialisé dans les films de commande, va tourner son premier film autobiographique et régler tous ses comptes. Après une longue dépression, il redécouvre ses proches, son environnement, lui-même. Pris en main, quelque temps, par son voisin intégriste, c’est surtout la rencontre avec un vieux projectionniste, lui restituant un passé censuré, qui l’aidera à se retrouver.

Histoire d’une perte et d’une résurrection. Quête d’une nouvelle identité dans une Algérie qui change. Ce film a été tourné en 1988, donc deux mois avant « les événements d’octobre 88 ». Il est aussi un hommage à tous les grands initiateurs d’ombres et de lumières.

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Vendredi 19 septembre à 20h30

projection suivie d’un débat mené par Amnesty International

Clan destin
1999. 14 min. Réalisateur : Abdel Hamid Krim, avec Gersende Le Gars, Abdel Kader Dahou, Athman Bendaoud, Lyès Salem.
Témoin d’une transaction entre un trafiquant de drogue et un marin sur le port d’Oran, Fouad prévient ses amis Moulay et Tchato. Ils décident de saisir l’occasion de réaliser leur rêve.

RACHIDA

2002. Durée : 1h40. Réalisatrice : Yamina Bachir-Chouikh, avec Ibtissème Djaouadi, Bahia Rachedi, Rachida Messaoui En, Zaki Boulenafed, Amel Choukh, Abdelkader Belmokadem.

Rachida a vingt ans, elle travaille comme institutrice dans un quartier populaire. Un matin, elle est abordée par quatre jeunes hommes qui lui ordonnent de poser une bombe dans l’école. Malgré sa peur, elle refuse d’obtempérer. Ils lui tirent dessus et la laissent pour morte. Elle survit cependant et se réfugie avec sa mère dans un petit village, croyant pouvoir ainsi fuir la violence des terroristes…

Comment vivre quand il n’est question chaque jour, chaque nuit, que de survivre ? C’est la tragédie quotidienne d’un pays tout entier que la réalisatrice Yamina Bachir-Chouikh a choisi d’explorer, par l’intermédiaire d’une communauté villageoise. En optant pour un point de vue féminin, elle accuse certes les hommes, mais elle pointe aussi les faiblesses de la société algérienne : les jeunes désœuvrés, l’impossible dialogue entre les hommes et les femmes. Dans une mise en scène sobre, Yamina Bachir-Chouikh nous donne un des films essentiels de l’année 2003.

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Samedi 20 septembre à 20h30

Les Pommes de terre
2001. Durée : 9 min. Réalisateur : Mohamed Khaded, avec Bernard Verley, Luis Rego, Sophie Durand.
Léon invite souvent dans sa cuisine Alexandre à partager des repas très modestes, devenus au fil des années un rituel incontournable servant à préserver une amitié vieille de trente ans.

LE HAREM DE MADAME OSMANE

Prix de la meilleure première œuvre à la Biennale des cinémas arabes.

2000. Durée : 1h40. Réalisateur : Nadir Moknèche, avec Carmen Maura, Myriam Amarouchène, Biyouna.

1993, en Algérie : début de la guerre civile. Deux cultures sont face à face. Depuis que son mari l’a abandonnée pour épouser « sa Française », les locataires de Madame Osmane doivent subir ses accès d’humeur. Accès d’humeur d’autant plus nombreux que la solitude pèse à la dame. Lorsqu’elle apprend que sa fille est amoureuse et souhaite se marier, la perspective de se retrouver seule va pousser cette femme encore très désirable au paroxysme.

Nadir Moknèche, pour son premier film, nous révèle le quotidien en crise des femmes algéroises. Nous découvrons, au travers de la cérémonie du mariage chez les femmes, une société à deux vitesses, voulue par les islamistes, et qui, peu à peu, gagne du terrain. Il y a des moments vraiment palpitants. La caméra révèle habilement chaque détail. Le scénario, très bien conçu, fait apparaître progressivement, derrière la comédie, cet arrière-plan tragique qui l’emporte peu à peu.
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Dimanche 21 septembre
A 18 h :

El Fatha
1991. Durée : 18 min. Réalisatrice : Rachida Krim, avec Myriam Berrabah, Magid Bouali.
Nous assistons au troisième jour d’une cérémonie de mariage traditionnel dans une petite ville de l’ouest algérien.

VENT DE SABLE Sélection officielle Cannes 1982.

1982. Durée : 1h40. Réalisateur : Mohamed Lakhdar Hamina, avec Leïla Shenna, Albert Minski, Nadia Talbi, Himoud Brahimi.

Une palmeraie au fond d’un cône de sable. Cinq jours sur sept, le simoun souffle, se transforme en tempête et ravage tout sur son passage. La principale activité des habitants de la palmeraie consiste donc à réparer les dégâts et à refaire depuis toujours les mêmes gestes millénaires pour désensabler, c’est-à-dire survivre. La seule personne qui ne participe pas à cette activité est Abbas l’aveugle, sorte de prophète philosophe. Parmi les habitants deux frères Amara et M’Hamed. La femme d’Amara accouche d’une huitième fille et cette naissance va provoquer un drame.

Tragédie au milieu des sables. Le film de Lakhdar Hamina (Palme d’Or Cannes 1973 pour Chroniques des années de braise) est aussi un documentaire servi par une image magnifique, tourné dans cette région du Souf où n’émergent du sable que les têtes des palmiers. Dans cette communauté villageoise repliée sur elle-même, jalousies et frustrations aboutissent au drame. Un film d’une grande intensité dramatique.

A 20h30 : Projection suivie d’un débat mené par Amnesty International

Rue Tartarin
1980. Durée : 14 min. Réalisateur : Okacha Touita, avec Miloud Khetib, M.Chadli, K.Tiafani, R.Meshahi, Boudjema Bouhada, Moa Abaid
Nanterre 1957 : un bidonville, cinq algériens jouent aux cartes, pensent à leur pays, à leur guerre. Un assassinat, l’exécution d’un traître, les plonge dans la violence, les interroge sur eux-mêmes. Est-ce bien un traître, et qui leur fait le plus peur : la police ou bien leurs combattants ?


LA BATAILLE D’ALGER
Lion d’or au festival de Venise 1966. Grand prix de la Critique internationale 1966

1966. Durée : 1h30. Réalisateur : Gilles Pontecorvo, avec Brahim Hadjadj, Yacef Saâdi, Mohamed Bagdadi.

En octobre 1957, les parachutistes du colonel Mathieu investissent la Casbah pour s’emparer d’Ali La Pointe. Celui-ci se souvient de son passé. De délinquant, il est devenu chef guérillero du FLN, a posé des bombes et organisé des grèves. Mais ce 7 octobre 1957, il tombe. Trois ans plus tard, la population algérienne se répand dans les rues en réclamant l’indépendance.

Inspiré de ceux qui l’ont vécue, le film La Bataille d’Alger propose une reconstitution des événements qui ont ébranlé la capitale de l’Algérie et secoué l’opinion internationale, à l’heure de la guerre révolutionnaire menée par le FLN contre les forces coloniales. Outre l’aspect historique qui retrace avec force l’atmosphère de l’époque, le film a de grandes qualités : un scénario bien construit qui ménage le suspense, des personnages forts, tant du côté des résistants que de l’armée. Un film à ne pas manquer.

Lundi 22 septembre à 20h30

Projection en présence de Mohamed Bouamari

Peut-être la mer
1983. Durée : 16 min. Réalisateur : Rachid Bouchareb, avec Rachid Souni, Nadir Ancel, Michel Such.
Deux enfants de douze ans, d’origine algérienne de la seconde génération, décident de rejoindre clandestinement le soleil, la mer… l’Algérie. Ils se retrouvent en cale sèche au port du Havre.

LE CHARBONNIER

Tanit d’argent au festival de Carthage en 1972 ; Prix de la critique internationale à Ouagadougou en 1973 ; Prix de l’office catholique international de Berlin en 1974.

1972. Durée : 1h40. Réalisateur : Mohamed Bouamari, avec Fatima Ousliha, Youssef Hadjam et Ahmed Hamoudi.

Belkacem, le charbonnier, est un homme dans le force de l’âge qui lutte sans merci contre la nature et ses éléments pour faire vivre tant bien que mal sa petite famille. Il fabrique du charbon de bois qu’il va vendre au marché hebdomadaire. Découragé, il va en ville tenter sa chance pour trouver un travail rémunérateur. C’est un échec et il retourne alors à son village où il apprend que sa femme est allée travailler à l’usine textile du village, ce qui est absolument contraire à la tradition et qui le plonge dans une profonde colère.

A sa sortie, Le Charbonnier a fait grande impression par sa sobriété et sa valeur de témoignage sur la paysannerie algérienne. Trente ans après, l’impression est toujours aussi forte. On a très rarement l’occasion de pénétrer ainsi dans l’Algérie rurale, de partager la vie de ceux qui constituent le terreau d’un pays. Le Charbonnier est un film rude et poétique, servi par une superbe image. Ne manquons pas cette occasion de voir en salle un film qui compte dans le patrimoine mondial du cinéma.