BREAD AND ROSES

Mercredi 7 novembre à 20h30

2000. Grande-Bretagne-Allemagne-Espagne. 1h52. Réalisateur : Ken Loach, avec Adrien Brody, Pilar Padilla, Elpidia Carillo

Le coeur gros, Maya a laissé sa mère à Cuernavaca pour émigrer aux Etats-Unis. Après bien des péripéties, elle arrive à Los Angeles où vit sa soeur aînée Rosa. Energique et décidée, Maya décroche un premier job de serveuse dans un bar de nuit puis obtient de Rosa, employée dans une entreprise de nettoyage, qu'elle la présente à son directeur, Perez. Devenue femme de ménage, Maya se retrouve au milieu d'une armée d'employées de toutes les nationalités, qui travaillent dans des conditions inacceptables. Maya refuse de se soumettre.

Bread and Roses, c'est, avant tout, de la générosité en action. Devant et derrière la caméra. Ken Loach, ici, a l'art de filmer avec une simplicité qui semble aller de soi. Il a su s'immerger dans le monde chicano de Los Angeles, dans leurs quartiers et sur leurs lieux de travail, renouvelant son inspiration sans rien changer de sa vision du monde. Un film chaleureux et bouleversant.


Le film sera précédé du court métrage :
Avant l'aube
2005. Hongrie. 13'. Réalisateur : Balit Kenyeres.
Juste avant l'aube, sur une colline mal éclairée par le jour naissant, règne un calme apaisant. Le blé ondule sous le vent discret. Soudain, un camion apparaît et des clandestins émergent en silence de cet océan de blé. Le calme de la situation est vite perturbé par l'apparition subite de la police…




IN THIS WORLD

Jeudi 8 novembre à 20h30

Ours d’Or Festival de Berlin 2003

2002. Grande-Bretagne. 1h28. Réalisé par Michael Winterbottom, avec Jamal Udin Torabi, Enayatullah

Jamal et Enayatullah sont deux cousins afghans qui vivent à Peshawar, au Pakistan. Pour échapper à la pauvreté et tenter une vie meilleure, l’on oncle d’Enayatullah décide qu'il sera envoyé en Angleterre. Jamal persuade la famille qu'il doit, lui aussi, être du voyage. Ils rejoignent tous les deux le million de réfugiés qui chaque année remettent leur vie entre les mains des passeurs. Leur voyage sera long et périlleux...

Il a été décidé par nos gouvernements qu’il y avait deux catégories de réfugiés : les « désirables », qui étaient jadis réfugiés politiques et que l’on voudrait maintenant formés et intégrés avant l’heure et les « indésirables » qui fuient la faim et la misère. C’est pour dénoncer cette situation que Michaël Winterbottom a décidé de réaliser ce film qui permet une véritable prise de conscience du combat, du courage et de la volonté nécessaires pour entreprendre le voyage jusqu’en Europe. Un magnifique témoignage et une manière de dire qu’au lieu d’accueillir la misère du monde, on pourrait mieux partager les richesses.


Le film sera précédé du court métrage :
Bawke
2005. Norvège. 15’. Réalisateur : Hisham Zaman.
Deux réfugiés Kurdes en provenance d’Irak, un père et son fils, touchent au but après une longue route. Mais en Norvège, le père doit faire un choix difficile




L’EMIGRANT

Vendredi 9 novembre à 20h30 (en première partie)

1917. Etats-Unis. 25’. Réalisateur : Charlie Chaplin, avec Charles Chaplin, Edna Purviance, Eric Campbell

A bord d'un paquebot à destination de l'Amérique, Charlot décide de prendre une jeune fille et sa mère sous sa protection. Tout ce petit monde se retrouve à New York devant un restaurant.

Sept plans qui ouvrent L’Émigrant suffisent à Chaplin, à la fois réalisateur, scénariste et acteur, pour que s’affirment sa vision du monde et la vertu poétique de son cinéma. Ils nous permettent de saisir l’essence du comique comme inversion du sérieux, voire du tragique. L'Emigrant est un pur "petit" chef d'œuvre. Chaplin mêle le rire au drame. Le drame, celui de ces millions d'émigrants pauvres et totalement démunis, venus, comme il le fit lui-même, de la vieille Europe, attirés par le mirage du "Pays de la Liberté " comme l'indique un carton du film. Mais l'accueil et les difficultés matérielles ici ne diffèrent en rien de là-bas…







DE L’AUTRE CÔTE

Vendredi 9 novembre

Prix du scénario Cannes 2007
AVANT PREMIERE


2007. Allemagne- Turquie. 2h02. Réalisateur : Fatih Akin, avec Baki Davrak, Patrycia Ziolkowska, Hanna Schygulla

Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, se prend d'affection pour Yeter. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten, la fille de Yeter. Mais Ayten, recherchée pour ses activités révolutionnaires a fui en Allemagne.

L’échange culturel, la découverte de l’autre, le voyage, l’exil, le retour aux racines, sont au centre du film de Fath Akin. Il suit les destins emmêlés de 6 personnages entre Hambourg et Istambul. Les qualités du film ne s’arrêtent pas à son écriture qui lui a valu le Prix du scénario, car la mise en scène, d’une ampleur insoupçonnée, vient faire sentir le passage obstiné du temps, le poids de l’existence de chacun, la valeur des choix de vie effectués. Six comédiens habités donnent chair à ces beaux personnages charnels et passionnés à commencer par Hannah Schygulla, l’égérie de Fasdbinder. A travers le professeur de lettres Nejat, Akin ose se montrer plus optimiste sur l’intégration des enfants d’émigrés dans la société allemande.





AMERICA AMERICA

Samedi 10 novembre à 17h00

1963. Etats-Unis. 188’. Réalisateur : Elia Kazan, avec Stathis Giallelis, Vartan damadian, Isaac Topouzoglou.

Au début du siècle, un jeune Anatolien fuit un pays où Grecs et Arméniens sont persécutés par les Turcs. Son père décide de l’envoyer chez un cousin négociant de tapis à Istanbul. Son voyage est semé d’embûches. Il désire émigrer en Amérique, mais s'aperçoit bien vite que ce périple vers la terre promise est un parcours semé d'embûches.

« Kazan n’a cessé, tout au long de son œuvre, de payer son tribut à l’Amérique (…). D’une absolue sincérité, ce film est resté longtemps en gestation dans le cœur de l’ancien émigré grec, avant qu’il ne s’en délivre d’un coup, avec force et lyrisme, en un double cri déchirant. Tout dans ce retour aux sources emporte et fascine : un récit bien articulé qui propulse le héros, en dépit de nombreuses vicissitudes, vers un but qu’il poursuit obstinément ; le monde cruel mais picaresque et foisonnant de vie qu’il traverse ; les portraits humains criants de vérité ; l’évolution psychologique de Stravros. » Un chef d’œuvre !





GOLDEN DOOR

Samedi 10 novembre à 21h00

Lion d'argent de la révélation à Venise

2007. France-Italie. 1h58. Réalisateur : Emmanuele Crialese, avec Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato, Aurora Quattrochi

Début du XXème siècle. Dans un coin perdu de la campagne sicilienne, vit une famille de paysans qui s'échinent sur le même lopin de terre depuis des générations. Ils mènent une existence en harmonie avec la nature et cohabitent avec les esprits de leurs défunts. La monotonie de leur vie quotidienne est interrompue par des récits du Nouveau Monde, de leurs habitants, et des innombrables richesses de cet Eden... Salvatore décide de vendre tout ses biens : sa terre, sa maison, son bétail pour partir avec ses enfants et sa mère âgée mener une vie meilleure de l'autre côté de l'océan. Mais pour devenir citoyen du Nouveau Monde, il faut mourir et renaître un peu, il faut être sain de corps et d'esprit, savoir obéir et jurer fidélité si l'on veut franchir "La Porte d'Or"...

Dans ce troisième film, le réalisateur de Respiro embarque le spectateur pour un voyage à la miseen scène aussi créative que sublime. C’est un ballet de corps, des plans innovants, une évocation impressionnante d’une page d’histoire de l’Amérique. Ce voyage jusqu’aux portes de New York, Emmanuele Crialese nous le conte de façon totalement inédite : à la fois poétique et concrète. Il le filme à l’échelle du regard de ces hommes et de ces femmes qui ont fait le pari de tout quitter pour une vie qu’on leur promet opulente de l’autre côté de l’océan. Le film aborde la sélection des immigrés à Ellis Island, leur formatage, la chasse aux « inaptes à l’immigration » à base de tests sélectifs et autres visites médicales. Golden Door est un film qui trouve un écho particulièrement fort dans notre actualité. Avec un sens très inspiré de la composition picturale et un lyrisme subjuguant, l’auteur de Respiro, signe une fresque magnifique.


Le film sera précédé du court métrage :
Schenglet
2002. France. 7’ Réalisateur : Laurent NègreL'office européen d'immigration a le plaisir de vous présenter Schenglet (R), le nouveau bracelet-visa électronique qui vous accompagne pendant votre séjour dans l'Europe de Schengen.




UN NOM POUR UN AUTRE

Dimanche 11 novembre à 18h00

2007. Etats-Unis-Inde. 2h02. Réalisatrice : Mira Nair, avecTabu, Irfan Khan, Kal Penn

Peu de temps après leur mariage arrangé, Ashoke et Ashima quittent Calcutta pour New York. Etrangers l'un à l'autre comme à ce nouveau pays, ils s'efforcent de s'adapter. Ashima donne bientôt naissance à un fils qu'Ashoke baptise du nom du célèbre auteur russe, Gogol. Jeune Américain de la première génération, Gogol doit se forger sa propre identité entre ses racines bengalies et sa nationalité américaine. Attiré par le mode de vie qui fait son quotidien, il rejette ses origines et fréquente une jeune Américaine. De leur côté, Ashoke et Ashima s'accrochent à leurs traditions...

Un film fleuve tourné entre deux villes, Calcutta et New York, qui brasse les thèmes d'identité et d'appartenance, le sentiment de l'exil, la difficulté de se trouver entre deux mondes et finalement cette richesse d'avoir une double culture. Ce sujet, Mira Nair, la réalisatrice de Salam Bombay et du Mariage des Moussons, née en Inde et vivant aux États-Unis, ne pouvait qu'y être sensible. Elle signe avec Un nom pour un autre une belle adaptation du roman de Jhumpa Lahiri. La force du film vient de la tendresse qu’éprouve la réalisatrice pour ses personnages. Un nom pour un autre, une culture pour une autre : loin de la critique sociale, Mira Nair s'attache dans cette comédie dramatique à tisser des liens entre les êtres humains, à souligner l'importance de leur éducation et ce qui fait leur essence même.





BHADJI (UNE BALADE à BLACKPOOL)

Dimanche 11 novembre à 20h30

1997. Grande-Bretagne. 1h40. Réalisateur : Gurinder Chadha, avec Mo Sesay, Kim Vithana, Jimmi Harkishin

Un groupe de femmes asiatique britanniques décident d'aller passer une journée à la plage de Blackpool entre elles. Il s'agit d'une bhaji, une excursion, une balade, un pique-nique. Elles vont, au cours de cette journée, tenter d'échapper à leur quotidien, qui pour certaines est parfois dramatique.

Premier long métrage de Gurinder Chadha (Joue la comme Beckham !) cette Balade à Blackpool est plaisante et fraîche ! Mais derrière cette légèreté de rythme et de ton, il y a aussi la volonté de nous plonger dans un monde qui nous est inconnu, un monde d’immigrés où le carcan de la famille assujettit les femmes. Le poids de la communauté pèse lourd sur celles qui rêvent d’indépendance. En revanche la cousine de Bombay, avec son maquillage et ses vêtements occidentaux symbolise l’opposition qui existe entre les femmes de là-bas, plus libérées et celles qui font perdurer la tradition en Angleterre. Comme le précise la réalisatrice « cet agréable moment débute dans le style d’une comédie typiquement anglaise des années 60 pour s’épanouir en grand mélodrame digne du cinéma de Bombay ».


Le film sera précédé du court métrage :
La pelote de laine
2005. France. 14’16. Réalisatrice Fatma Zohra Zamoum
Au début des années 70, Mohamed ramène Fatiha et leurs deux enfants du bled, pour vivre avec lui dans une banlieue ouvrière française.




L’ICEBERG

Lundi 12 novembre à 20h30

2006. Belgique. 1h24. Réalisé par Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy avec Fiona Gordon, Dominique Abel, Lucy Tulugarjuk

Fiona est responsable d’un « fast-food » dans une grise banlieue. Elle habite un petit pavillon banal avec son mari, Julien, et ses deux enfants. Tout va désespérément bien pour elle, jusqu'au jour où elle se retrouve enfermée toute une nuit dans la chambre froide du fast-food sans que ni mari ni enfants ne s’en aperçoivent. Ce choc va faire naître chez Fiona un irrésistible désir de glace, de neige...Un beau matin, elle quitte mari, enfants et travail. Elle veut voir un iceberg pour de vrai. Et pour ce faire, elle met le cap vers le grand Nord, accompagnée d'un vaillant marin sourd et muet...

Rêver d’ailleurs quand le quotidien ne vous satisfait pas, est un des thèmes favoris de la littérature et traité la plupart du temps au cinéma par le biais du fantastique. Avec L’Iceberg, pas de fantastique, mais un burlesque qui convoque à la fois Chaplin, Tati et les Deschiens. Fable sur l’envie d’ailleurs, L’Iceberg est aussi un formidable moment de poésie incongrue.