FILMS DU PATRIMOINE


LOVE STREAMS (V.O.)
Ours d’Or festival de Berlin 1984

dimanche 16 septembre à 20h30
mardi 18 septembre à 20h30

1985. Etats-Unis. 2h21. Réalisateur : John Cassavetes, avec John Cassavetes, Gena Rowlands.

Frère et soeur, Sarah et Robert éprouvent l'un pour l'autre un amour inébranlable. Et pourtant, tout les oppose. Sarah, passionnée à la limite de la démence, se donne entièrement à ceux qu'elle aime. Robert, solitaire, n'a, lui, que des relations éphémères et l'ardeur de ses sentiments se tarit de jour en jour. La crise qu'ils traversent les réunit de nouveau. Une étrange et folle relation s'établit entre ces deux êtres à la dérive...

Tout l'art, toute la connaissance intime qu'a Cassavetes de la vie et des hommes se condensent alors dans cette tension entre tragique et burlesque »Le Monde. Cassavetes y laisse libre cours à une sorte de délire sentimental, ravageant tout sur son passage, y compris la construction du film lui-même. Quelques scènes de conversations inoubliables viennent caresser ce rythme déjanté, comme pour laisser la vie rattraper son propre cours, et nous avec. Un très beau film.





CRIA CUERVOS
Grand Prix spécial du jury Cannes 1976

dimanche 10 juin à 20h30 (ne pas tenir compte de la date imprimée sur les programmes)

1976. Espagne. 1h52. Réalisateur : Carlos Saura, avec Géraldine Chaplin, Ana Torrent, Conchita Perez

Ana, 9 ans, ne dort plus la nuit dans la grande maison madrilène familiale. Ses parents sont morts récemment. Sa mère s'est éteinte de chagrin et de dépit amoureux, son père a succombé à une maîtresse vengeresse. Témoin de ces deux morts malgré elle, Ana refuse le monde des adultes et s'invente son univers. Elle s'accroche à ses rêves et ses souvenirs pour faire revivre sa mère et retrouver son amour. Elle remplit son quotidien de jeux qu'elle partage avec ses soeurs.

Comment oublier les grands yeux noirs de la petite Ana Torrent, associés à la si célèbre mélodie Porqué te vas ? La ressortie de ce film est assurément une excellente nouvelle pour les amoureux du cinéma. Aujourd'hui, trente ans après la fin du franquisme et la sortie du film, il n'en est peut-être que plus attachant, comme témoin, dans la fiction, d'un moment où bascula l'histoire d'un pays. Venez donc voir ou revoir ce chef d’œuvre du cinéma, peut-être le plus grand film de Saura.





COMME UN TORRENT

dimanche 6 mai à 20h30
mardi 8 mai à 20h30

1958. Etats-Unis. 2h07. Réalisateur : Vincente Minelli, avec Frank Sinatra, Dean Martin, Shirley MacLaine

Démobilisé, Dave Hirsh, écrivain raté et alcoolique, revient dans sa petite ville natale. Il s'est acoquiné en route avec une prostituée, Ginny, qu'il a ramassée dans un bar à Chicago et qui est follement amoureuse de lui. Dave se lie aussi avec des amis douteux, tel Bama Dillert, un joueur professionnel. Mais tout cela n'est pas du goût de son frère, Franck, notable local...

« A travers l'histoire de Dave, étranger à la ville qui l'a vu naître, écrivain déjà fini, Minnelli parle de la solitude de l'artiste et le drame naît de l'antagonisme des deux mondes dans lequel il gravite. Il y a dans cette oeuvre, tous les ingrédients d'un vrai, d'un grand mélodrame. Le tout dans une mise en scène qui soigne autant les scènes spectaculaires que le moindre petit moment » le Figaroscope. Il est difficile de voir Comme un torrent sans être ému aux larmes : un chef d’œuvre !





FURY

mardi 17 avril à 20h30

1936. Etats-Unis. 1h30 Réalisateur : Fritz Lang, avec Sylvia Sydney, Spencer Tracy, Bruce Cabot, Walter Brennan.

Injustement accusé d'un kidnapping, Joe est menacé d'être lynché. Sa prison est incendiée mais il fait croire à sa mort pour pouvoir laisser s'organiser un procès condamnant les lyncheurs."

Le premier film américain de Fritz Lang conserve une force extraordinaire (...) Cet apologue social est dépourvu de tout didactisme, et la seconde partie, faisant du héros un monstre vengeur, est encore plus impressionnante que la première (...) Même après son happy end obligé, il s'en dégage un pessimisme noir, à peine tempéré par la fragile douceur du visage de Sylvia Sidney. " N. T. Binh, Zurban




NINOTCHKA

mardi 20 mars à 20h30

1939. Etats-Unis. 1h50. Réalisateur : Ernst Lubitsch, avec Greta Garbo, Melvyn Douglas,Ina Claire

Envoyés à Paris pour y négocier les bijoux d'une aristocrate russe, les commissaires soviétiques Iranoff, Buljanoff et Kopalski succombent aux charmes réels de la vie occidentale. On envoie l'austère Nina Yabushova conclure à leur place l'affaire…

Lancé par le slogan " Garbo rit ", Ninotchka est la première comédie de Greta Garbo et son avant-dernier film. Il est l'un des premiers films américains, sous des dehors de comédie légère, à oser une critique ouverte de l'Union Soviétique de Staline. Mais il reste avant tout un brillantissime exemple de la Lubitsch's touch.




LA FIEVRE DANS LE SANG (Splendor in the Grass) (VO)

mardi 20 février à 20h30

1961. Etats-Unis. 2h04. Réalisateur : Elia Kazan, avec Natalie Wood, Warren Beatty, Barbara Loden

1929. Une petite ville du Kansas. Deannie, de milieu modeste et Bud, fils d'un puissant capitaliste, sont étudiants et s'aiment. Mais leurs parents, estimant qu'ils sont trop jeunes et en raison aussi d'un préjugé de classe refusent le mariage. Deanie est révoltée mais Bud, plus faible, se soumet davantage aux ukases paternels. Il essaie en vain de satisfaire les ambitions déçues de son père mais survient le krach…

Splendor in the grass (magnifique titre en hommage au poète Wordsworth) prolonge A l'Est d'Eden dans l'exposition des méfaits du puritanisme hérité des Pères fondateurs. Le film peint un pays en crise dont le système des valeurs est en train de vaciller. Les personnages sont eux aussi en état de crise, plongent, s'en sortent ou sombrent définitivement. Natalie Wood et Warren Beatty sont resplendissants de jeunesse mais, à travers eux, Kazan nous montre qu'il n'est pas toujours facile d'avoir 20 ans, surtout quand la société pèse lourd sur vos épaules.




LE TEMPS DES GITANS

Semaine du 7 au 14 février

1988. Yougoslavie. 2h15. Réalisateur : Emir Kusturica, avec Davor Dujmovic, Bora Todorovic.

Un jeune gitan, enfant naturel, est élevé avec sa petite sœur par sa grand-mère dans une communauté tzigane du sud de la Yougoslavie. Pour sortir de sa misère, il se livre, comme les autres, au trafic d'enfants, d'infirmes et de nains.

Ce film, le 3ème long métrage de Kusturica, est une fresque exubérante et colorée sur ce petit monde de " manouches ", assez éloigné de la morale traditionnelle. La musique est composée par Goran Bregovic, qui entame pour l'occasion une riche collaboration avec Emir Kusturica. Le Temps des gitans a reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1989. Avec ce film, Emir Kusturica revenait sur la Croisette quatre ans après avoir obtenu la Palme d'Or pour Papa est en voyage d'affaires. Il recevra à nouveau la récompense suprême en 1995 pour Underground.




SOLEIL VERT (V.O.)

mardi 16 janvier à 20h30

1973. Etats-Unis. 1h37. Réalisateur Richard Fleisher, avec Charlton Heston, Edward G.Robinson, Joseph Cotten

En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le Soleil Vert, sorte de pastille fabriquée par la compagnie Soylent, parvient à nourrir une population miséreuse. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l'ordre. Mort d’un dirigeant de Soylent. Accompagné de son fidèle ami, il va découvrir, au péril de sa vie, l'effroyable réalité de cette société inhumaine.

Attention : chef d’œuvre ! Chef d’œuvre de la science fiction, qui ressort après 43 ans et n’a pas pris une ride. Un film qui laisse un souvenir inoubliable par la force de son propos, la poésie de l’évocation d’un monde disparu. A voir et à revoir.




CONVERSATION SECRÈTE (V.O.)

mardi 16 janvier à 20h30

1973. Etats-Unis. 1h55. Réalisateur : Francis Ford Coppola, avec Gene Hackman, John Cazale

Larry Caul est un as de l’enregistrement à distance. Il enregistre le dialogue d’un couple pour un de ses clients. En écoutant la cassette chez lui, il découvre un complot meurtrier. Va-t-il laisser faire ou agir ?

Sur fond de Watergate, Coppola réalise un de ses films les plus parfaits. Paranoia, complots, machinations sont les thèmes principaux de cette œuvre fascinante, interprétée avec brio par Gene Hackman et un jeune débutant nommé Harrison Ford.




LE JARDIN DES FINZI CONTINI (V.O.)

Ours d’Or au festival de Berlin 1971, Oscar du meilleur film étranger 1972
Adapté du roman de Georgio Bassani

mardi 19 février à 20h30

1971. Italie. 1h34. Réalisateur : Vittorio de Sica, avec Dominique Sanda, Fabio Testi

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d'être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C'est ainsi que Giorgio a l'occasion de rencontrer la lointaine Micól et tombe peu à peu amoureux d'elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu'hors des murs, le pire se prépare...

Majestueuse, telle est la séquence d’ouverture du film de Vittorio de Sica. L’œil acéré du réalisateur dépeint un groupe d’hommes et de femmes vêtus de blanc immaculé : une jeunesse dorée liée à un été et insouciante du danger qui la guette. Une œuvre éminemment esthétique dans la lignée d’un Luchino Visconti qui laisse entrevoir une approche sensible et raffinée de l’Histoire. Toute la richesse poétique de l’auteur, caractéristique du néo-réalisme italien, est retrouvée, dans l’un de ses derniers et meilleurs films.

« Les événements individuels ne m’intéressent pas trop. C’est le drame qui est dans l’air, qui circule, invisible, entre les personnages, qui m’intéresse. Le film comme le roman, se déroule sur 5 ans durant lesquels les gens sont comme prisonniers dans un souterrain où l’eau monte insensiblement. » Vittorio De Sica.




THX 1138 (V.O.)

mardi 18 mars à 20h30

1971. Etats-Unis. 1h28. Réalisateur : George Lucas, avec Robert Duvall, Donald Pleasence, Maggie MacOmie

Au XXVe siècle, dans une cité souterraine qui ressemble à une termitière humaine où chacun s'identifie par un code de 3 lettres et 4 chiffres, THX 1138 est un technicien tout à fait ordinaire travaillant sur une chaîne d'assemblage de policiers-robots.
Un jour, il commet pourtant un acte irréparable : lui et sa compagne LUH 3147 font l'amour dans une société qui l'interdit formellement. Pour THX 1138, c'est désormais la prison qui l'attend...

Le premier long métrage de George Lucas produit par Francis Ford Coppola, est à la fois proche et éloigné de Star Wars et n’en est pas moins à la source d’une des sagas cinématographiques les plus mythiques du XXème siècle. Ce film d’anticipation critique la société en contournant la censure, en la plaçant dans le futur, montrant que le gouvernement manipule les hommes jusqu’à leur faire perdre toute indépendance d’esprit. Quand quelqu’un essaie d’agir par lui-même, le gouvernement cherche à lui supprimer son identité. Un grand film de science fiction où l’on aime à retrouver les thèmes majeurs de George Lucas : la liberté, la quête d’identité.




ETE VIOLENT (V.O.)

lundi 5 mai à 20h30

1959. France-Italie. 1h40. Réalisateur : Valério Zurlini, avec Jean-Louis trintignant, Eléonora Roosi Drago

Eté 1943. Carlo, fils d'un dignitaire fasciste, passe des vacances loin de la guerre, à Riccione. Il y rencontre Roberta, jeune veuve d'un officier de marine et mère d'une petite fille. Ils tombent follement amoureux. Le 25 juillet, la radio annonce la chute de Mussolini, le peuple envahit la rue et le père de Carlo doit fuir. Il veut entraîner son fils, mais Carlo choisit de rester avec Roberta malgré le danger.
Un soir, pris par une patrouille, ils décident d'aller se cacher chez Roberta, à Rovigo. Mais l'attaque aérienne du train qui les y emmène les sépare...

Un été violent est le deuxième film de Valerio Zurlini tourné cinq ans après Les Jeunes filles de San Frediano (1954). Il aurait dû être son troisième film puisque Zurlini travaillait sur la production de La Fille à la valise, que nous avons programmé en 2005, quand les circonstances le poussèrent à réaliser d'abord Un été violent.

« Eté violent est l'un des principaux titres de gloire de Valerio Zurlini, cinéaste aussi rare que précieux, adulé des cinéphiles, à qui l'on doit une poignée de chefs-d'œuvre secrets, comme La Fille à la valise, Journal intime ou Le Professeur. Ici, Zurlini plonge ses deux personnages, un garçon insouciant de la jeunesse dorée fasciste et une veuve de 30 ans, à la fois dans la tourmente de l'Histoire et dans celle du désordre amoureux. Ils subiront la chute de Mussolini et les derniers soubresauts sanglants de la guerre, ainsi que les conséquences d'une passion impossible à vivre dans la société bourgeoise de Rimini. Zurlini a inventé durant l'âge d'or du cinéma italien le mélodrame moderne, critique et lyrique, à mi-chemin entre les révolutions formelles de la Nouvelle Vague et les genres populaires de l'époque. Ce film bouleversant doit beaucoup au talent et à la beauté de ses interprètes, Jean-Louis Trintignant et Eleonora Rossi Drago. Lui, angélique à la manière de Jacques Perrin dans les films suivants de Zurlini, elle, magnifique de sensualité, tous deux insufflent à Eté violent un érotisme désespéré et une tristesse qui n'abandonnèrent jamais la vie et le cinéma de Valerio Zurlini.  Les Inrockuptibles.