FILMS DU PATRIMOINE

CONVERSATION SECRÈTE (V.O.)

mardi 15 janvier à 20h30

1973. Etats-Unis. 1h55. Réalisateur : Francis Ford Coppola, avec Gene Hackman, John Cazale

Larry Caul est un as de l’enregistrement à distance. Il enregistre le dialogue d’un couple pour un de ses clients. En écoutant la cassette chez lui, il découvre un complot meurtrier. Va-t-il laisser faire ou agir ?

Sur fond de Watergate, Coppola réalise un de ses films les plus parfaits. Paranoia, complots, machinations sont les thèmes principaux de cette œuvre fascinante, interprétée avec brio par Gene Hackman et un jeune débutant nommé Harrison Ford.




LE JARDIN DES FINZI CONTINI (V.O.)

Ours d’Or au festival de Berlin 1971, Oscar du meilleur film étranger 1972
Adapté du roman de Georgio Bassani

mardi 19 février à 20h30

1971. Italie. 1h34. Réalisateur : Vittorio de Sica, avec Dominique Sanda, Fabio Testi

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d'être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C'est ainsi que Giorgio a l'occasion de rencontrer la lointaine Micól et tombe peu à peu amoureux d'elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu'hors des murs, le pire se prépare...

Majestueuse, telle est la séquence d’ouverture du film de Vittorio de Sica. L’œil acéré du réalisateur dépeint un groupe d’hommes et de femmes vêtus de blanc immaculé : une jeunesse dorée liée à un été et insouciante du danger qui la guette. Une œuvre éminemment esthétique dans la lignée d’un Luchino Visconti qui laisse entrevoir une approche sensible et raffinée de l’Histoire. Toute la richesse poétique de l’auteur, caractéristique du néo-réalisme italien, est retrouvée, dans l’un de ses derniers et meilleurs films.

« Les événements individuels ne m’intéressent pas trop. C’est le drame qui est dans l’air, qui circule, invisible, entre les personnages, qui m’intéresse. Le film comme le roman, se déroule sur 5 ans durant lesquels les gens sont comme prisonniers dans un souterrain où l’eau monte insensiblement. » Vittorio De Sica.

 




THX 1138 (V.O.)

mardi 18 mars à 20h30

1971. Etats-Unis. 1h28. Réalisateur : George Lucas, avec Robert Duvall, Donald Pleasence, Maggie MacOmie

Au XXVe siècle, dans une cité souterraine qui ressemble à une termitière humaine où chacun s'identifie par un code de 3 lettres et 4 chiffres, THX 1138 est un technicien tout à fait ordinaire travaillant sur une chaîne d'assemblage de policiers-robots.
Un jour, il commet pourtant un acte irréparable : lui et sa compagne LUH 3147 font l'amour dans une société qui l'interdit formellement. Pour THX 1138, c'est désormais la prison qui l'attend...

Le premier long métrage de George Lucas produit par Francis Ford Coppola, est à la fois proche et éloigné de Star Wars et n’en est pas moins à la source d’une des sagas cinématographiques les plus mythiques du XXème siècle. Ce film d’anticipation critique la société en contournant la censure, en la plaçant dans le futur, montrant que le gouvernement manipule les hommes jusqu’à leur faire perdre toute indépendance d’esprit. Quand quelqu’un essaie d’agir par lui-même, le gouvernement cherche à lui supprimer son identité. Un grand film de science fiction où l’on aime à retrouver les thèmes majeurs de George Lucas : la liberté, la quête d’identité.

 




ÉTÉ VIOLENT (V.O.)

lundi 5 mai à 20h30

1959. France-Italie. 1h40. Réalisateur : Valério Zurlini, avec Jean-Louis trintignant, Eléonora Roosi Drago

Eté 1943. Carlo, fils d'un dignitaire fasciste, passe des vacances loin de la guerre, à Riccione. Il y rencontre Roberta, jeune veuve d'un officier de marine et mère d'une petite fille. Ils tombent follement amoureux. Le 25 juillet, la radio annonce la chute de Mussolini, le peuple envahit la rue et le père de Carlo doit fuir. Il veut entraîner son fils, mais Carlo choisit de rester avec Roberta malgré le danger.
Un soir, pris par une patrouille, ils décident d'aller se cacher chez Roberta, à Rovigo. Mais l'attaque aérienne du train qui les y emmène les sépare...

Un été violent est le deuxième film de Valerio Zurlini tourné cinq ans après Les Jeunes filles de San Frediano (1954). Il aurait dû être son troisième film puisque Zurlini travaillait sur la production de La Fille à la valise, que nous avons programmé en 2005, quand les circonstances le poussèrent à réaliser d'abord Un été violent.

« Eté violent est l'un des principaux titres de gloire de Valerio Zurlini, cinéaste aussi rare que précieux, adulé des cinéphiles, à qui l'on doit une poignée de chefs-d'œuvre secrets, comme La Fille à la valise, Journal intime ou Le Professeur. Ici, Zurlini plonge ses deux personnages, un garçon insouciant de la jeunesse dorée fasciste et une veuve de 30 ans, à la fois dans la tourmente de l'Histoire et dans celle du désordre amoureux. Ils subiront la chute de Mussolini et les derniers soubresauts sanglants de la guerre, ainsi que les conséquences d'une passion impossible à vivre dans la société bourgeoise de Rimini. Zurlini a inventé durant l'âge d'or du cinéma italien le mélodrame moderne, critique et lyrique, à mi-chemin entre les révolutions formelles de la Nouvelle Vague et les genres populaires de l'époque. Ce film bouleversant doit beaucoup au talent et à la beauté de ses interprètes, Jean-Louis Trintignant et Eleonora Rossi Drago. Lui, angélique à la manière de Jacques Perrin dans les films suivants de Zurlini, elle, magnifique de sensualité, tous deux insufflent à Eté violent un érotisme désespéré et une tristesse qui n'abandonnèrent jamais la vie et le cinéma de Valerio Zurlini.  Les Inrockuptibles.

 




SERPICO (V.O.)

dimanche 19 octobre à 20h30 - mardi 21 octobre à 20h30

1973. Etats-Unis. 2h05. Réalisation : Sidney Lumet. Scénario : Peter Maas, Waldo Salt, Norman Wexler. Genre : Policier.
Avec Al Pacino (Frank Serpico), John Randolph (Sidney Green), Jack Kehoe (Tom Keough), Barbara Eda-Young (Laurie).

Policier intègre, Serpico lutte contre la corruption généralisée au sein de la police new-yorkaise. Détesté de tous, collègues comme supérieurs, il ne pourra compter que sur lui-même pour mener à bien sa croisade très personnelle pour la justice.

Le livre de Peter Maas reposait sur une histoire véridique et des faits authentiques : Sidney Lumet et Waldo Salt (un ancien de la "Liste noire") l'illustrèrent avec éloquence pour dénoncer la corruption régnant dans le milieu policier. La même année, Lumet mettait en accusation, dans The Offence (avec Sean Connery), les abus de la police : un inspecteur de police tue un suspect au cours d'un interrogatoire. Le succès du film a donné naissance à une série télévisée homonyme, interprétée par David Birney.
Serpico fut tourné à New York. Une ville à l'époque déclarée en situation de quasi banqueroute par son Maire (les caisses étaient vides et la ville n'avait même plus les moyens de payer ses éboueurs). Alors que les ordures s'entassaient de plus en plus, surtout dans les quartiers pauvres comme Harlem, et que ces derniers faisaient grève, les Black Panthers allèrent jusqu'à menacer de mort le Maire si les ordures n'étaient pas ramassées. C'est à ce moment là que la municipalité eut l'idée de faire venir les Majors afin qu'elles tournent leurs films dans la ville. En échange de contributions financières, la municipalité mettait alors à disposition tous les moyens nécessaires, y compris la participation des forces de polices ou l'ouverture de lieux normalement interdit d'accès.

Sidney Lumet
Né à Philadelphie le 25 juin 1924, Sidney Lumet vécut la majeure partie de son enfance à New-York et fit ses débuts sur les planches à l'âge de quatre ans aux côtés de son père, le comédien Baruch Lumet. Enfant, il participa à de nombreuses séries radiophoniques tout en suivant les cours de la Professional Children School de Manhattan.  D’abord comédien, il réalise ensuite plusieurs séries à succès pour la télévision.  Il aborde le cinéma avec Douze hommes en colère dans lequel il dirige notamment Henri Fonda et adapte à l'écran les grands auteurs : Arthur Miller (Vue du Pont), Tchekov (La Mouette), en sachant dépasser le cadre du simple théâtre filmé. Cinéaste du conflit, il plonge ses personnages dans des situations dramatiques apparemment sans issue ou les confronte à la violence totalitaire.
En plus des cinquante nominations aux Oscars obtenues par ses films, Sidney Lumet est nommé trois fois encore à l’Oscar du Meilleur Réalisateur, pour Un Après-midi de Chien (1975), Main basse sur la télévision (1976) et Le Verdict (1982). Il reçoit le D. W. Griffith Award de la Directors Guild of America pour l’ensemble de sa carrière en 1993 et le Musée d’Art Moderne de New York lui consacre une rétrospective de l’ensemble de ses oeuvres. En 2005, Sidney Lumet devient Membre Honoraire de l’Académie des Oscars. En 2006, il signe la réalisation de Jugez-moi coupable avec Vin Diesel dans le rôle phare qui est sorti en France en 2007.

 

 




ALLEMAGNE MÈRE BLAFARDE - En avant-première

jeudi 6 novembre à 20h30

1980. Allemagne. 2h03. Réalisé par Helma Sanders-Brahms, avec Eva Mattes, Ernst Jacobi.

Dans l'Allemagne des années 1930, Hans et Lene se marient. Très vite, la guerre éclate. En l'absence de son époux parti rejoindre les troupes hitlériennes sur le front, Lene donne le jour à une petite fille, Anna. Toutes les deux doivent affronter la peur, les violences, les privations... Lorsque Hans revient, le couple s'est irrémédiablement décomposé et l'Allemagne n'est plus qu'un champ de ruines.

Ce chef d’œuvre du cinéma allemand sortira dans les salles en copie neuve début 2009. Nous avons la chance de pouvoir vous le présenter en avant-première. Ce film dont le titre est tiré d’un poème de Bertold Brecht, est en partie construit sur les souvenirs que la réalisatrice a conservés de sa propre mère. A travers cet entrelacement de l’histoire collective et de l’histoire intime, de scènes fictives et d’images documentaires, c’est une vision très personnelle et féministe que nous livre la réalisatrice. A ne pas manquer.

 




QUAI DES ORFÈVRES

mardi 16 décembre à 20h30

1947. France. 1h45. Réalisation : Henri-Georges Clouzot. Scénario : Jean Ferry, Henri-Georges Clouzot. Genre : Film policier
Avec Bernard Blier (Maurice Martineau), Suzy Delair (Jenny Lamour), Louis Jouvet (l’inspecteur Antoine), Simone Renant (Dora), Charles Dullin (Brigon), Pierre Larquey (Emile), Raymond Bussières (Albert).

Malgré l'opposition de son mari pianiste, Maurice, Jenny Lamour, petite chanteuse de music-hall qui a grand peine à trouver des engagements, accepte un rendez-vous à souper avec Brignon, vieil homme d'affaires qui doit lui procurer un rôle. Maurice, au courant du rendez-vous, se rend chez Brignon, mais il ne trouve plus qu'un cadavre. Affolé, il se réfugie chez une amie, Dora, photographe et lui raconte son histoire.

Quai des orfèvres marqua le retour d'Henri-Georges Clouzot en 1947 après quatre années d'interruption. Tiré d'un roman de l'écrivain belge Stanislas-André Steeman (le père du commissaire Wens de L'Assassin habite au 21, déjà signé par Clouzot en 1942), le scénario prit, dans la peinture des personnages, de sérieuses libertés. L'écrivain publia, en 1952, une importante préface à l'un de ses livres, "La Nuit du 12 au 13", où il raconte les avatars cinématographiques de ses personnages avec une certaine amertume, tout en reconnaissant que Quai des Orfèvres est « le meilleur film peut-être de ce diable d’homme, véritable bête de cinéma » qu’était Henri-Georges Clouzot.
« Ce qui domine surtout chez Clouzot (...), c'est la lucidité ». Ce propos de Louis Jouvet est vrai à plus d'un titre. Exactitude de l'observation sociale, justesse du ton qui sous-tendent le traitement quasi-expérimental des caractères et des passions qu'il présente,
Quai des Orfèvres a une épaisseur charnelle. Clouzot saisit au vol la bassesse de l'âme humaine, et pour ne pas laisser voir ses personnages tels qu'ils sont vraiment, ils leur fournit des masques, leur tisse des apparences, les convie à une parade. C'est en résumé un défilé d'arrière-pensées et de pulsions, l'échec de l'exorcisme de cette part de férocité qui préside aux relations humaines.

 

Henri George Clouzot
Scénariste, dialoguiste et réalisateur français, Henri-Georges Clouzot (1907-1977) a débuté sa vie professionnelle comme journaliste à Paris-Midi, puis secrétaire des chansonniers René Dorin et Mauricet. Dés le début des années trente, il fréquente les milieux cinématographiques en signant des travaux d'adaptation et devenant assistant réalisateur en Allemagne et en France. Sa carrière de cinéaste prend vraiment corps avec son premier long métrage : L’Assassin habite au 21 (1942), mais c'est Le Corbeau (1943) qui le rendra définitivement célèbre et qui lui vaudra une réputation « scandaleuse » débouchant sur une mesure d’exclusion temporaire de la profession après la Libération. Il en sort en 1947 avec Quai des orfèvres. Dés lors, il acquiert une réputation de réalisateur tyrannique, surtout à l'égard des comédiens et comédiennes qu'il terrorise pour leur faire donner le meilleur d'eux-mêmes. Son oeuvre se caractérise par la noirceur et le réalisme : c'est la description de l'ambiguïté morale de l'âme humaine. Deux exceptions cependant : Miquette et sa mère (une comédie vaudevillesque en costumes) et Le Mystère Picasso(documentaire sur la création artistique). Vers la fin de sa vie, beaucoup moins productive, le cinéaste se convertit à la religion catholique et réalise, avec le chef d'orchestre Herbert von Karajan, cinq films pour la télévision.